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mardi 23 décembre 2014

J'ai testé Le Comptoir de Mathilde





Cela faisait un moment que les pâtes à tartiner de la marque "Le Comptoir de Mathilde" me faisaient de l'oeil, depuis que je les avais vues sur la chaîne de EllenLC

Mais Ellen avait beau en vanter les mérites, 32€ le kilo de pâte à tartiner.... Ca vous fait regarder avec indulgence votre bête pot de Nutella. 

Et puis un jour, j'en ai vu quelques pots dans une jardinerie (oui tout est normal). Pas de bol, je suis très chocolat au lait, et il n'y avait que chocolat noir ou chocolat blanc. 

J'ai fini par craquer tout à l'heure : j'avais un poisson combattant dans une main, une tartelette Yankee Candle dans l'autre, mon fils venait de se taper la discute avec un oiseau, et il y avait cinq fois plus de monde que d'habitude pour acheter des cadeaux.... L'esprit de Noël a eu raison de moi. 

Je pensais bien que ça allait être bon hein : fabrication artisanale, plein de bons ingrédients... Si ça avait été dégueu j'aurais été bien étonnée, c'est sûr. 

MAIS l'expérience que j'ai vécue en plongeant la pointe de mon couteau dans cette pâte à tartiner "Chocolat noir Noisettes du Piémont Huile d'olive" va bien au delà de ça ! Toutes mes réticences à payer aussi cher pour cette friandise se sont envolées d'un seul coup ; j'ai même failli pleurer en me disant que j'avais failli passer le reste de mon existence sans connaître cette chose... La vie tient à si peu de choses. 

Mon chéri passant par là, j'ai réussi, grâce à mon enthousiasme, à lui faire goûter. Il faut savoir que le sucré ce n'est pas trop son truc ; un jour dans un restaurant il a demandé en guise de dessert... une salade de gésiers. 

Mais lui non plus n'a pas échappé au pouvoir du Comptoir de Mathilde. Il a fait "Ah ouais !", signe qui ne trompe pas, avant de commenter : "On dirait des chocolats de Noël, mais en pâte". 

Mais alors pas du chocolat de Noël de daube alors... 
Plus précisément, disons que le goût est intense mais sans amertume, riche mais pas écoeurant. 

Et puis magie de la régulation alimentaire : quand on mange un truc aussi riche en goût, aussi qualitatif, il se passe quelque chose de surprenant, du moins pour ceux qui ont perdu l'habitude de manger avec leurs papilles : il en suffit de peu pour être heureux. Heureux et rassasié. C'est lorsque je mange des choses insipides que j'ai tendance à trop manger, essayant, vainement, de rattraper la qualité par la quantité ; pas quand je mange ce genre de pépites gustatives. 

Autre effet amusant : pendant cette dégustation, j'ai vu apparaître l'image d'un pot de Nutella sur mon écran mental, par association d'idée. Eh bien, moi qui ai l'habitude d'acheter cette denrée par douzaines de pots de 1 kg, j'ai pensé : "Berk". Si. Je ne dis pas que je n'en mangerai plus jamais, houla non, mais là sur le coup, quand vous venez de manger cette pâte à tartiner, vous ne pouvez pas avoir envie de Nutella. 

Je pense donc que je sauterai bientôt le pas de la commande en ligne ! 


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dimanche 23 septembre 2012

Revue Linecoaching : 2 mois après ("maigrir sans régime" 7)

Si vous voulez lire mes autres billets sur la régulation alimentaire, les méthodes de Zermati et d'Apfeldorfer pour maigrir sans régime, ça se passe ici.

Zermati a déjà eu l'occasion de déconseiller à une blogueuse de ne pas exposer sa perte de poids chiffrée sur Internet. Sur Internet comme dans la vie d'ailleurs. Dire officiellement "j'ai perdu tant de kilos", c'est exposer sa "performance", et donc se soumettre à la pression du regard des autres (ou de ce qu'on croit être le regard des autres), notamment de ceux qui nous attendent au tournant. 

En gros, de ceux qui guettent avec impatience le moment où vous reprendrez tout, tout plus une bonification (je n'ignore pas l'existence de ces gens, et pour cause : j'en fais partie). 

Mais je ne peux m'empêcher de croire en ma modeste contribution pour éradiquer les régimes et rendre la méthode de la régulation alimentaire plus populaire. En ce sens, il me semble bon de donner des chiffres. 

Après deux mois de Linecoaching, j'ai perdu quatre kilos. 

C'est sans doute peu aux yeux de beaucoup. C'est sans doute anodin, facile, que pouic, on s'en fout. 
Mais non. Après trois ans à grossir non stop (+ 9 kilos tout de même : je suis l'unique jeune maman que je connaisse qui a pris du poids après son accouchement...), perdre quatre kilos c'est nouveau, croyez-moi. 

Et surtout, perdre quatre kilos en ne m'interdisant absolument AUCUN aliment, c'est tout simplement la preuve que la régulation alimentaire, c'est pas des conneries. 

Car je mange des Kinder Bueno, des Kinder Delice, des Donuts, des brioches au chocolat, du chocolat à la pointe de fleur de sel, des mousses à la fraise la Laitière, des barres glacées Snickers, des lasagnes, de la tartiflette, du poulet au lait de coco, des pâtes à la viande et au beurre et au gruyère avec un oeuf sur le plat parce que c'est encore meilleur. 

Mais aussi des courgettes, des épinards, du filet de lieu noir, de la viande rouge grillée, de la salade, du poireau, des betteraves. 

Et tous ces aliments forment tous ensemble mon quotidien, quotidien alternant les repas riches et les repas légers, les aliments gras et les moins gras, le salé et le sucré, les plats généreux et les dîners faits de "juste un yaourt parce que je n'ai pas très faim", voire rien si je n'ai pas faim du tout. Le tout au rythme des besoins de mon corps, que j'ai appris à écouter davantage. 

Que les choses soient claires : je mange moins, nettement moins qu'avant. Pas de secret : si le corps commence à revenir à son poids d'équilibre, c'est parce que j'ingère moins de calories (au passage : aucune perte de poids n'est envisageable avec cette méthode si vous êtes déjà à votre poids d'équilibre, ou en dessous. Dans ce dernier cas, vous prendrez du poids, logique. Mais vouloir faire un autre poids que celui pour lequel notre corps est programmé c'est comme vouloir se coiffer avec la raie sur le côté alors qu'elle est naturellement au milieu. Pas impossible, certes, mais annonciateur de beaucoup de problèmes). Mais ces calories, je ne les compte pas, pas besoin. Il me "suffit" d'écouter ma faim et ma satiété. 

Beaucoup de choses ont changé dans mon comportement alimentaire, alors que je croyais que j'avais presque tout bon : 

- je prends beaucoup moins de desserts qu'avant. Pas parce que je m'interdis le sucré, houlà non : mais simplement parce qu'un seul plat me suffit la plupart du temps. Si je veux vraiment un dessert, je mange moins avant. 

- manger quelque chose sans faim est devenu presqu'impossible à mes yeux (en dehors des envies de manger émotionnelles, j'entends). Quand j'imagine finir mon assiette ou prendre un autre aliment alors que je suis rassasiée, je sens que j'aurais l'impression de manger du papier, et même que je serais écoeurée. 

- manger quelque chose à cause d'une émotion est toujours possible : mais je le fais nettement moins qu'avant, comme si mon corps avait perdu un peu ce réflexe. Bien sûr, l'année scolaire débute à peine, et les jours vont encore nettement raccourcir (je suis très sensible à la dépression saisonnière) : on verra alors comment je réagis. 

- il m'est arrivé une fois de manger trop (après une engueulade). L'écoeurement qui s'en est suivi m'a bien fait regretter... Loin de moi l'idée que mon estomac a rétréci : l'estomac a une capacité d'environ un litre pour tout le monde, et si on le distend, il revient à sa taille initiale une fois vide. Mais quand on mange trop régulièrement, on finit par s'habituer à cette sensation, un peu comme si on entraînait notre estomac à être trop plein. Bonne nouvelle : cette habitude se perd vite. 

- je mange moins, car je n'ai pas si faim que ça. Normal, mes besoins caloriques de petite femme sédentaire, peu musclée  et en surpoids sont peu élevés. Les occasions de manger avec faim, donc avec plaisir, sont donc assez rares. Par conséquent, je ne veux plus manger que des choses très bonnes (ou au pire, bonnes). Je ne supporte plus de gâcher ma faim avec du médiocre. Autant dire qu'au self je boude les crèmes dessert discount, les fruits sortant du frigo, et je finis rarement mes assiettes. Ne pas manger tout ce à quoi j'avais droit au self fut une épreuve au début : "je paye, je prends". Aujourd'hui, je me dis "Ok, je ne prends pas de dessert, et alors ? L'essentiel, c'est que je mange à ma faim pour le prix du repas non ? Ce n'est pas parce que je mange quelque chose de médiocre, ou sans faim, que j'en aurai plus pour mon argent." En d'autres termes : je ne me prends plus pour une poubelle. Et c'est là qu'on voit que ce n'est pas qu'une histoire de poids. 

Tout cela ne se fait pas du jour au lendemain, et connaître la théorie ne suffit pas. Il s'agit vraiment de changer ses habitudes, ce qui n'est pas chose aisée. Mais, autre bonne nouvelle : c'est possible, et une fois qu'on a changé d'habitude, la nouvelle devient aussi ancrée dans notre quotidien que l'ancienne. C'est de moins en moins difficile de jour en jour, car ce qu'on met en oeuvre comme compétence consciente au début redevient une compétence naturelle. 

Donc voilà, je continue. Logique : je commence à adopter une façon normale de manger. Et je ne compte pas en changer. Même si je retrouve mon poids d'équilibre, je souhaite garder cette façon normale et naturelle de manger. Que peut-on souhaiter d'autre ? 




PS : dernièrement je me suis amusée (ou plutôt torturée) à regarder des vlogs de régimes. Ca me rend triste. Les filles sont tellement persuadées d'avoir trouvé la bonne méthode pour perdre du poids (et comment leur reprocher : elles en perdent !), tellement fières surtout de "réussir" à ne manger que ce que leur dicte leur régime... Alors qu'elles portent souvent dans leur propre discours l'annonce de leur futur échec : "J'ai déjà fait un régime qui m'a fait perdre 10 kilos mais j'ai tout repris"... En s'accusant elles-mêmes bien sûr. Si ça réussit, c'est grâce au régime, si ça rate, c'est à cause du gros. Alors que, comme le dit Zermati, même avec toute la meilleure volonté du monde, vous n'arriverez pas à vous repérer dans Paris si vous utilisez une carte de New York. 





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samedi 25 août 2012

Première revue sur linecoaching.com ("maigrir sans régime" 6)


Très franchement, quand j'ai su que Zermati et Apfeldorfer lançaient linecoaching, j'ai fait la gueule.

Pour moi, Zermati, c'était un peu LE gars qui allait à l'encontre de l'exploitation financière des troubles alimentaires par l'industrie des régimes. L'anti-Dukon, l'anti-Cohen, l'anti-Gerbinéa. Le gars qui voulait sauver le monde, juste comme ça, ça me fait plaisir, c'est cadeau. 

Je me suis tout de même penchée sur la question, parce que ça faisait un moment que j'avais son bouquin sur ma table de nuit sans que le chiffre sur la balance ne baisse. En gros, tout se passait comme avec un régime : je connaissais la théorie, mais rien, ou presque, ou alors pas longtemps, ne décollait au niveau de la pratique. Alors un site qui prétendait remplacer l'accompagnement du médecin (oui, Zermati et Apfeldorfer sont médecins, c'est pas comme certains), peut-être que... 

Mais j'ai appris qu'une blogueuse-journaliste avait été sollicitée pour animer le site : ça manquait de professionnalisme à mes yeux. En outre, j'ai fait le test initial et n'ait reçu qu'une réponse de robot qui me semblait peu fidèle à mes comportements alimentaires (le fait est qu'à l'époque je faisais surtout l'autruche en prétendant que je mangeais presque tout le temps à ma faim...). J'ai oublié la chose bien vite. 

Et puis il y a quelques semaines, toute la famille s'est décidée pour aller à la piscine. Je prépare la crème solaire, les serviettes, les lunettes, le shampooing, et je ressors fièrement mon maillot de bain Taillissime collection Marianne James acheté à la Redoute l'année dernière pour le passer. Aïe. Ca passe, mais ça coince, ça fait mal, ça aplatit ce qui n'a pas intérêt à l'être, ça ne va pas. 

Ca ne va plus. J'ai encore pris du poids. Certes, la balance m'avait déjà tenu au courant, mais chez moi ça ne devient jamais aussi concret que lorsque je dois changer de taille de vêtements. 

J'ai donc profité d'une offre de juillet pour prendre un abonnement de six mois. Je l'ai d'abord soigneusement caché (pas bien longtemps) à Monsieur, parce que je savais que payer pour recevoir des conseils alimentaires, ça n'allait pas du tout être à son goût... Quant à moi je n'étais pas bien sûre de mon coup. 


Après un mois de parcours, voilà ce que je peux dire :

- c'est la première fois que je paye pour avoir accès à un service sur Internet. Il ne faut pas se dire "pourquoi je paierais, alors que presque tout est gratuit sur la toile ?". Non : depuis que je suis inscrite, je vois vraiment la différence entre un service gratuit et un service payant. Le site est très riche, de vidéos, de forums, d'explications, d'activités... 

- je pense qu'il est imprudent de s'inscrire sans avoir au moins lu "Maigrir sans régime" au préalable. En effet, même si le site tente d'expliquer soigneusement les théories de la régulation alimentaire, cela ne saurait être aussi clair que dans le livre, car c'est beaucoup plus rapide. Finalement le livre apporte la théorie, et le site apporte la pratique. 

- j'avais très peur de m'ennuyer, tant je maîtrisais le bouquin. Mais avec le site, on FAIT les activités mentionnées, et pendant le temps indiqué (parfois ça dure deux jours, parfois dix) : on ne se contente pas d'en lire le récit et les résultats sous la plume de Zermati. Et ça change tout. Je ne me suis donc jamais ennuyée pour l'instant, et j'ai vraiment avancé dans l'observation de ma façon de manger (alors que je croyais un peu tout savoir). 

- les explications sont détaillées, et souvent sous deux formes : écrites et filmées. J'aime bien, et puis j'aime bien les bouilles de Zermati et Apfeldorfer. 

- on vous promet des chats avec les experts : c'est pas des blagues. Pour l'instant je n'ai participé à des chats qu'avec JP Zermati ; il est vraiment là, il répond (y a pas tant de questions posées que ça, du moins en aôut), c'est intéressant, c'est complet, c'est bienveillant (bon après oui, il est toujours possible que ce soit quelqu'un d'autre derrière l'écran ! Mais ce qui a été répondu est aussi intelligent que du Zermati...). 

- c'est à la fois directif et libre. On doit suivre un parcours, étape par étape (pas moyen d'en griller, à moins de mentir sur les compte-rendus, mais puisqu'il faut attendre une certaine durée, autant faire ce qu'on nous demande), mais on les franchit à notre rythme. Premier exemple : j'ai bloqué pendant 15 jours avant de me résoudre à pratiquer ce qu'on appelle la Respiration en Pleine Conscience. Pas de souci. Deuxième exemple : je n'ai pratiquement pas avancé dans le "parcours forme" (faire des extensions devant mon écran, non, c'est au dessus de mes forces !). Eh bien personne n'est venu m'engueuler ! 

- pendant que je bloquais, j'ai pu parler de mes réticences et de mes doutes sur le forum. Ah, la joie de s'adresser à des gens déjà convaincus par la méthode et qui ne vont pas se jeter sur vous en vous accusant de vouloir mourir obèse ! A cette occasion j'ai pu comprendre que j'étais bien trop exigeante avec moi-même, que je m'accusais de ne pas réussir à réguler mon alimentation alors que je n'en étais qu'à l'étape 1 ! D'ailleurs, voici l'ensemble du parcours pour vous donner une idée :
ETAPE: J'OBSERVE MON COMPORTEMENT ALIMENTAIRE

ETAPE: JE DECOUVRE LA FAIM

ETAPE: JE DECOUVRE LA DEGUSTATION

ETAPE: JE DECOUVRE LA SATIETE

ETAPE: J'APPRENDS A DEGUSTER LES ALIMENTS TRES CALORIQUES

ETAPE: J'APPROFONDIS MES SENSATIONS ET MES EMOTIONS

ETAPE: JE GERE MIEUX MES FINS DE JOURNEE

ETAPE: JE DECOUVRE LA SATISFACTION ALIMENTAIRE

ETAPE: JE STABILISE MON COMPORTEMENT ALIMENTAIRE

Chaque étape est constituée de deux à six activités à peu près. 

- j'ai aussi fait appel à ma "coach". Je suis un peu plus dubitative, même si au final ses réponses m'ont aidée. Au départ j'ai cru que c'était un robot qui répondait à mes questions, mais non. C'est juste que son style d'écriture était un peu "dense". J'ai donc reformulé mon interrogation et j'ai enfin eu les éclaircissements dont j'avais besoin.

- je suis également sceptique concernant les "défis" : vous vous engagez par exemple à manger en solo, à sauter un repas quand vous n'avez pas faim, ou à ne plus manger devant la télé pendant une semaine, et si vous réussissez vous obtenez des points, qui vous apportent soi-disant des "surprises". N'étant pas du genre à fonctionner à force de coups de pieds au derrière, ça me branche moyen, mais ça peut en motiver d'autres (en même temps, je suis bien curieuse de savoir ce qu'est la surprise... Si c'est un bon d'achat Sephora, je meurs. Oui j'ai le droit de rêver). 


Quels sont les résultats au bout d'un mois ? 

- J'ai perdu 500 grammes :) Bon, c'est peut-être un détail pour vous, pour moi aussi en fait. Mais au moins, je n'ai pas grossi. 

- J'ai compris que je n'avais pas à m'autoflageller sous prétexte que je ne parvenais pas à mettre en application les principes de la régulation alimentaire simplement en le décrétant. Changer ses habitudes durablement demande un long travail. 

- J'ai déjà remarqué des améliorations dans ma façon de manger : à force de me demander si j'ai faim, si je suis rassasiée, je perçois déjà un peu mieux ces sensations, et du coup je mange moins. Rien n'est gagné, je m'attends à un retour du baffrage dès la rentrée. Mais bon, c'est déjà ça. 


N'hésitez pas si vous avez des questions : s'inscrire est un pas que j'ai mis du temps à franchir, et je ne regrette pas, mais le coût mérite bien qu'on y réflechisse à deux fois !



 

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vendredi 24 août 2012

Réponse à un commentaire

Je voulais continuer comme si de rien n'était, entamer de ce pas le récit de mon expérience sur linecaoching.com... Mais le "commentaire" que j'ai reçu mercredi soir m'offre une trop belle opportunité pour répondre à des tas de clichés sur les gros. Je dois reconnaître un mérite à son auteur : celui d'avoir écrit noir sur blanc ce que beaucoup pensent tout bas, et taisent... parce qu'ils sont polis. Après tout, ça nous est tous arrivé de considérer la situation d'un ami, d'un voisin ou d'un collègue dans les ennuis, et de trouver des raisons à son sort, histoire de nous rassurer. Si Machin est célibataire, c'est parce qu'il ne sait pas s'y prendre ; si Truc et Bidule ont divorcés, c'est parce qu'ils n'ont pas su échapper à la routine ; si Tartempion n'attire pas les filles, c'est parce qu'il ne prend pas soin de lui ; si le gamin des Dugenou est en échec scolaire, c'est parce qu'ils n'ont pas su l'élever.

Si t'es grosse, c'est parce que tu manges des plats préparés, de la mayonnaise et que tu t'empiffres devant ton ordi en t'appitoyant sur ton sort. 

Trouver une raison claire, simple et efficace au malheur des autres permet de nous rassurer, de nous dire qu'on y échappera à coup sûr. 

Mais c'est du vent. Je peux divorcer, devenir célibataire demain et pour des années, devenir très moche en vieillissant, et me faire convoquer toutes les semaines par la maîtresse. 

Tu peux grossir aussi. Surtout en fanfaronnant parce que tu as perdu 14 kilos. 

Ce ne sera pas très élégant, mais le plus simple me semble de répondre mot pour mot à ce "commentaire". Parce que c'est une représentation très précieuse de tout ce qu'on pense à propos des gros. Pour ça, A, merci. Merci de me permettre d'y voir clair également. 


moi je trouve cela déprimant de se dire que l'on fait le deuil... pourquoi certaines personnes arrivent-ils à perdre du poids et pas vous?
Ben oui tiens, pourquoi ? Et pourquoi tant de gens continuent à fumer alors que CERTAINES personnes parviennent à arrêter ? On me répondra peut-être que ce n’est pas pareil, la cigarette entraîne une dépendance physique. C’est vrai. La bouffe en excès, elle, est liée à une sorte de dépendance psychologique, à des mécanismes complexes liés à un dérèglement des comportements alimentaires. Et puis on ne décide pas « d’arrêter de manger », il faut continuer à vivre avec la nourriture, alors qu’on rêverait parfois de bouffer des pilules pour que ce soit plus simple…
T’es malade ? Bah comment ça se fait ? Y a tant de gens en bonne santé de nos jours !

N'est-ce pas une sorte de trouvaille pour "lâcher l'affaire" et reprendre un cookie?
Je vais avoir l’occasion d’y revenir, mais oser dire qu’on est grosse, oser dire qu’on s’accepte tel quel et vouloir en finir avec les régimes, ce n’est SURTOUT PAS vouloir continuer à manger sans fin ni faim… Il faut croire que lire « grosse » et « jolie » dans la même phrase hérisse tellement le poil de certains que ces derniers relient ça obligatoirement à une attitude déviante et névrosée… Mais A, si les grosses ne sont pas à ton goût : libre à toi ! Personnellement j’ai du mal à être attirée par les gens qui ont un strabisme ou un accent, vois-tu, chacun son truc (la différence c’est que je ne leur reproche rien, moi). Dans mes billets précédents, j’ai simplement pointé du doigt le fait que l’universalité apparente du goût pour la minceur avait quelque chose de suspect, et qu’il serait temps de s’interroger sur les diktats des medias. J’ai aussi essayé de faire entrevoir à certaines jeunes femmes que tous les hommes n’étaient pas fan de minceur, mais je n’oblige personne !
Avoir un surpoids à 25ans, 30 ans, ok, faut vivre avec le regard des autres, c'est dur... mais tu penses à tes problèmes de santé à 50? là c'est ton regard dans le miroir qu'il faudra supporter? Parce que tu sera la seule responsable!!
Mais tu crois quoi ? Que ma décomplexitude est née du jour au lendemain ? Tu crois que je ne le connais pas mon regard impitoyable sur mon corps ? Que je ne tremble pas à chaque prise de sang ? Seulement voilà, j’ai décidé d’être bienveillante envers moi-même, envers mon corps blessé, abîmé par ce que je lui ai fait subir (je parle des pertes comme des prises de poids).
Quant au spectre de la crise cardiaque à 50 ans… Je constate avec stupeur qu’on est de plus en plus sévère avec les gros, et de moins en moins avec les buveurs et les fumeurs (même en cas de grossesse). Ah oui, c’est vrai : les premiers sont « responsables ». Coupables, tu veux dire ? Je n’ai commis aucun crime figure toi, je n’ai même pas à « assumer » mon surpoids. J’ai grossi parce que j’ai tourné le dos à une façon normale de manger, pour des tas de raisons plus complexes que ce tu sembles suggérer. Plus complexes, et surtout peu réceptives aux« yaka-fokon » bien pensants. Serais-tu de ces gens qui prétendent soigner les dépressifs en les secouant et en leur disant « Mais t’as TOUT pour être heureux, alors sois-le !!! » ? Essaie aussi sur les cancéreux alors, ça aura sûrement de l’effet.

Je préfère les raccourcis inverses, en fait:
"Tu veux être mince? habille-toi en mince!" 
"Tu veux avoir moins de ventre, rentre-le!"
"Tu veux mincir? arrete de manger!!"
Si des milliers de personnes y arrivent en même temps qu'ils/elles mènent leur vie sociale, familiale et professionnelle, c'est que ce n'est pas si insurmontable que cela. 


Bah oui quoi, c’est bien connu, les gros sont gros parce qu’ils n’ont pas de volonté. Leur grosseur c’est même le symptôme, que dis-je, la preuve physique et irréfutable de leur mollesse, de leur apathie, de leur paresse. Tout comme la couleur des Noirs était le signe de leur absence d’âme… il y a 300 ans.
Et puis, être gros, ça doit être tellement pénible. S’ils restent ainsi, c’est forcément qu’ils aiment ça, hein ? Je refais un parallèle avec les fumeurs ou ça va aller ?
J’ai un gros dans ma famille : mon père. Je l’ai vu maigrir, grossir, maigrir, grossir, faire des régimes Gerbinéa, ne plus rien manger du tout, prendre de l’Isoméride (ce coupe-faim qui fut ensuite interdit parce qu’il causait des problèmes cardiaques), et, j’en suis pratiquement sûr, se faire vomir. Mon père a plein de défauts, mais je lui reconnais une chose : c’est la force de sa volonté. Les gros sont souvent ceux qui ont fait le plus de régimes dans leur vie, qui ont perdu le plus de poids tous kilos additionnés. Il en faut de la volonté pour remplacer ses repas par une boisson insipide ou un muffin en polystyrène.

Arrète de t'appitoyer sur ton sort en grignotant toute la soirée affalée devant ton clavier!! 

Bon là j’ai juste envie de dire « merde » mais on va faire un effort (malgré l’adage qui conseille de ne pas parler à certaines personnes pour ne pas les instruire).
J’écris ses billets dans l’espoir de faire un peu bouger les lignes, d’inciter les gens à lutter contre le racisme anti-gros, en commençant par leur regard sur eux-mêmes. J’essaie de réconcilier des filles qui ne sont pas grosses du tout avec leur image. J’essaie enfin de défendre une méthode qui me parait la seule viable pour revenir et garder son poids d’équilibre. Pour m’apitoyer sur mon sort, je préfère me rouler en boule sur mon canapé en pleurnichant, mais bon.

Combien d'entrevous on réellement changé leur mode de vie pour perdre du poids?? Je veux dire, pas seulement une semaine, jusqu'au prochain dossier dans Elle magazine??


La plupart « d’entre nous » comme tu dis ont perdu du poids, énormément de poids, et certainement pas avec des régimes d’une semaine ! A 16 ans, j’ai mangé des sachets protéinés pendant deux mois ! Certains ont fait des régimes pendant un an ! Alors oui, il s’agit bien de changer de mode d’alimentation pour toute la vie, on est d’accord, mais certainement pas en comptant des points, ou des calories, ou le nombre de petits gâteaux qu’on s’autorisera dans le mois ! Tout simplement parce que ce n’est PAS VIABLE. Parce que PERSONNE, à moins d’être mal dans sa peau, ne peut tenir avec un tel contrôle intellectuel sur son alimentation sur la durée. L’idée c’est de retrouver un contrôle naturel, une régulation dont notre corps est capable naturellement (voir billets précédents).

Alors faire le deuil de faux régimes qui te font déprimer toute l'année c'est une bonne idée. S'abandonner à la prise de poids chronique... tu te suicide en fait!! C'est le fameux un Kilo par année de mariage des mecs version nana. Et tu te vois dans 30 ans regarder ta fille rentrer dans ta robe de marriée??


Là encore, si tu crois être inédit avec tes perspectives d’avenir… Bref. Vouloir retrouver une façon de s’alimenter normale et accepter son corps, même gros, ce n’est pas s’abandonner à la prise de poids (quant aux menaces de suicide, je tiens à rappeler à tout le monde que vivre tue). 

Sors dehors, va en ville (à pieds ou en velo), va dans un bar ou tu restes debout, voir tu danses, et interdits-toi le tupperware de retour de soirée... 
jette la mayonnaise les plats préparés, arrete la tv pendant ldes repas, discute entre chaque bouchée,... 


Je n’aime pas la mayonnaise, et je cuisine certainement plus que toi (et rarement des plats en sauce), et le « tupperware de retour de soirée » est un concept que j’ignorais jusqu’à ce que tu l’évoques. Monsieur A. est merveilleux, il sait comment nous faire maigrir ! Mais j’ai un scoop : je sais pourquoi je grossis. Parce que je mange trop !!! Ah ah ah je suis sauvée !!!
(Par contre les bars, tss tss, c’est pas bon du tout ça de fréquenter les bars, houlala, moi je sais ce qui est bon pour toi, arrête les bars tudusuite !!!)
Un peu plus sérieusement, je sais que j'ai des habitudes à changer (mais ça ne passera certainement pas par la diabolisation de certains aliments, qui est en fait une sacralisation). Mais il ne suffit pas de le décider, même si c'est le préalable indispensable. 

Tu vas me dire c'est plus facile à dire qu'à faire. Moi j'ai perdu 14 kilos en un an parce que je voulais pas rentrer dans la routine "Un kilo par année de mariage"... en l'occurence de paternité. Sans le claironner, sans l'imposer autour de moi, ni dans les courses, sans ducan ni rien... donc je sais que c'est possible. et comme je ne refuse jamais un dernier verre pour la route, je sais qu'il n'y a pas besoin d'une volonté de fer pour y arriver.

Quoi ??? Tu as perdu 14 kilos ??? Mais c’est formidable, une fois de plus je suis sauvée alors !!! Désolée mais là, je perds la force de répondre des trucs intelligents… Je vous renvoie à ce que j’évoquais sur notre propension à trouver une explication au malheur des autres pour s’en protéger.



Rendez-vous quand tu en auras repris 17. 








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mercredi 22 août 2012

Vouloir maigrir sans régime, ce n'est pas faire l'apologie du surpoids ("maigrir sans régime" 5)

Récapitulons : j'ai commencé par expliquer que je voulais en finir avec les régimes qui dérèglent nos comportements alimentaires. J'ai tenté de démontrer que tout ce qui consiste à manger avec sa tête ("Je mange pas de cookies parce que ça fait grossir" ou "Je prendrai 60 grammes de féculents à midi") s'apparente à de la restriction cognitive, et nous coupe de nos sensations qui nous permettent de réguler naturellement notre alimention. 

Mais le lâcher prise ne signifie pas l'absence de contrôle. Et c'est bien avec une régulation saine et naturelle de mon alimentation que je voudrais renouer. Avec deux objectifs : 

1) Je ne veux plus grossir. 
Ok, ok, si on venait me dire là tout de suite : "Mushroom, tu vas faire du 46 pour toute ta vie, c'est comme ça et pas autrement", je dirais "Bon d'accord". J'arrive à m'habiller, à me mouvoir, je suis en bonne santé, il y aurait des sorts bien plus malheureux que le mien. 
Mais je ne suis pas sûre que je pourrais dire la même chose à un poids plus élevé. Je sais que des femmes sont plus grosses que moi et peuvent être tout aussi bien en bonne santé et bien dans leur peau, mais enfin, bon, reconnaissons que c'est sans doute plus difficile. Idem pour le désir de mon homme. 
En outre, le fait que mon poids ne soit pas stable car en régulière augmentation est le signe indéniable que je mange en excès, et rien que ça est le signe que quelque chose ne va pas. 

2) Maigrir, bah oui, ce serait cool ! 
Je peux paraître paradoxale, mais ce n'est pas parce qu'on s'accepte tel qu'on est qu'on est contre l'idée de perdre du poids. 
Je me trouve jolie, mais je me trouvais encore plus jolie quand j'étais moins grosse. 
Je parviens à m'habiller, mais c'était encore plus facile quand j'étais moins grosse. 
Je suis bien dans mon corps, mais je l'étais encore plus quand j'étais moins grosse. 

Je vois le numéro 1 comme une nécessité ; le 2 comme un plus qui serait bien agréable. 


Et comme la lecture seule de Zermati ne suffisait plus...
Et comme j'ai dû racheter un maillot de bain parce que celui de l'année dernière ne m'allait plus...

J'ai fini par m'inscrire sur linecaoching.com en juillet dernier.



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Accepter son corps, c'est bien, l'habiller, c'est mieux ("maigrir sans régime" 5)


Vers l'âge de 23 ans, j'étais fâchée avec les vêtements. J'étais en train de reprendre du poids après avoir été en bas du yoyo, du coup je trouvais tous les vêtements mal fichus, mal coupés, peu seyants. 

Et puis un jour, alors que je ressortais d'une boutique Xanaka avec un énième pull à la main (alors que j'étais venue chercher un pantalon potable), la responsable du magasin me héla pour me demander "si j'avais trouvé mon bonheur". Après que je lui ai fait part de mon dépit, elle me prit en main pour deux heures de quasi-relooking à en faire pâlir les émissions caricaturales d'M6. 

Elle me colla dans une cabine, et m'apporta elle-même des pièces que je n'avais même pas vues. Oh. Cette blouse à fleurs, ce tee-shirt manches longues avec des imprimés graphiques, ce petit haut en maille : tout m'allait. Et pour cause. 

Elle avait pris du L (devenu trop petit pour moi depuis, je vous rassure. Même la blouse).

Et voilà bien la règle la plus importante selon moi du "comment je l'habille quand j'ai pris du poids" : avec des vêtements à ta taille. Même si c'est "la tayodsu". 

Alors oui, c'est dur, parce que ça donne l'impression d'entériner ce qu'on veut à tout prix ne considérer que comme une passade. Oué oué oué tu dis que tu vas bientôt perdre 6 kilos, mais depuis combien de temps ? Si ça fait deux collections printemps-hiver que tu laisses passer avec des fringues trop petites, tu crois pas que tu pourrais octroyer à ton corps quelques pièces qui lui vont pour de vrai ? Alors vas-y, essaie : peut-être que cette tunique a une forme chouette et flatteuse, si tu daignais la passer en 40, ou en 42, ou en 44 etc. Et si vraiment ça te déprime, tu couperas l'étiquette à la maison. Et n'aie pas honte, même si la vendeuse fais du 36 : demande ta taille et insurge toi si on l'a pas. Et si on te l'apporte, tu verras que la vendeuse le fera avec autant d'affabilité que pour habiller une mince. La vendeuse veut vendre, point (il y en a aussi des sympas qui vendent ET qui sont contentes de voir une cliente trouver chaussure à son pied ou pantalon à son derrière). 

Et pendant que tu y es, vas faire un tour dans ton dressing. C'est mon deuxième conseil du jour : vire-moi toutes ces fringues trop petites que tu gardes pour "quand tu auras maigri". Certaines prétendent que ça motive : pour perdre en janvier les deux kilos qu'on a pris à Noël, sûrement. Mais quand on a un problème un peu plus complexe avec le poids, ça ne motive pas : c'est juste le meilleur moyen pour commencer sa journée en déprimant. Mets-les de côté dans un carton si tu veux : certes, on ne sait jamais. Mais pour ma part, le 36 et le 38 ont quitté mon domicile depuis belle lurette ; je n'ai gardé qu'une robe en 40 (parce qu'elle m'a coûté bonbon) ; j'espère toujours un peu pour le 42, mais j'ai récemment mis plein de pièces dans le carton "vide-grenier" parce que c'est bien joli tout ça, mais si elles sont démodées le jour éventuel où je pourrai les mettre, ça ne m'aura pas beaucoup avancée. 

Et maintenant : comment s'habiller quand on est grosse ?

Bah comme tout le monde. Oui, tu éviteras la combinaison léopard moulante (mais j'ai dit "comme tout le monde" en même temps). En essayant, en tâtonnant, en choisissant ce qui t'emballe devant la glace, tout bêtement. Les sacro-saintes règles d'habillage dédiées aux grosses m'insupportent, et comme 10tubes, je n'aime pas particulièrement m'habiller en pin-up

Où aller ? En tant que nana qui fait du 44 et du 46, je peux aller encore chez Promod pour les hauts, mais pas pour les pantalons (ils s'arrêtent au 44) ni certaines robes dans lesquelles ma poitrine ne rentre pas. Mon enseigne préférée reste Jacqueline Riu, même si ça fait vieille au premier abord : en fait on trouve plein de trucs sympas. Et eux vont jusqu'au 46, un VRAI 46. 
Concernant la VPC, on trouve des taille élevées dans les catalogues classiques, mais je préfère de loin Taillissime de la Redoute, parce que c'est bien coupé. Je fuis comme la peste les 3 Suisses. Quand on dépasse le 40, on ne peut plus s'habiller avec des bouts de chiffons...
Concernant les soutien-gorges, rien ne vaut une bonne marque comme Lejaby (le mieux c'est encore de demander conseil dans une boutique) ; mais les jours où on n'a pas envie de claquer 80 euros dans un soutif, la marque "Sans complexe" en supermarché est potable (bon, le soutien gorge en question ne tiendra pas la route longtemps, donc au final c'est pas si économique que ça). 

Pour les tailles au dessus, je vous renvoie à des sites comme celui de Big Beauty.


Et si vous vous dites "à quoi bon ? J'aurai toujours l'air grosse de toute façon...". Certes. Mais une grosse bien habillée sera toujours plus jolie qu'une grosse mal habillée.  

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dimanche 19 août 2012

Accepter son corps ("maigrir sans régime" 4)

Je n'ai pas décrété du jour au lendemain d'accepter d'être d'abord "bien en chair", puis grosse aujourd'hui. Mes nombreux régimes suivis de pertes de poids fulgurantes étaient justement la conséquence d'une volonté de coller à un idéal physique. Lorsque j'atteignis les 50 kilos vers l'âge de 17 ans, je parvenais encore à me trouver "boulotte"... Tristesse. Je me sentais plus mal qu'aujourd'hui avec un poids bien plus élevé. Ceci est bien la preuve que la relation qu'on a avec notre corps n'est pas liée au poids que l'on fait. 

Attention : j'aimerais être plus mince, pour des tas de raisons que je détaillerai plus tard. Mais j'ai fait le deuil des images de magazines, celles-là même qui parviennent à foutre des complexes à des filles qui n'ont objectivement RIEN à perdre ! Elles me rendent sincèrement tristes ces filles, à parler de leur corps comme d'un monstre, à s'autoflageller parce qu'elles ne sont pas capables de perdre "encore un kilo"... D'abord triste pour la jeune fille, semblable à elles, que je fus. On me dira que chacun fait ce qu'il veut, que ce n'est pas parce qu'une nana veut perfectionner son corps qu'elle est aussi malheureuse que je pus l'être par le passé. Mais, selon moi, toutes participent à perpétuer l'exigence du corps parfait, à la transmettre autour d'elles, et notamment à leurs enfants. 

Alors POURQUOI ? Pourquoi est-on capable de rejeter à ce point un corps qui n'a rien à se reprocher ? Quelles sont les prises de conscience nécessaires à l'acceptation de son corps ? Eh bien selon moi et ma très louable expérience, il y a tout ça :

1) "Parlez-moi de votre enfance" ou l'histoire familiale
Les gens qui n'aiment pas leur corps sont nombreux à avoir été privés d'un discours bienveillant de la part de leurs parents. Les pères et les mères projettent souvent leurs propres complexes sur leurs enfants, les incitant à perdre du poids, plus ou moins directement. Que ce soit par des paroles assassines ("T'as de gros genoux", entendu à 13 ans...) ou tout simplement par l'obsession des parents eux-mêmes pour leur poids, il est facile de fabriquer des futurs adultes mal dans leur peau. Comme disait Dolto, "ce n'est pas de votre faute, c'est de votre fait". Mais quand même, j'essaie de faire attention, et j'ai une règle absolue vis-à-vis de mon fils : ne jamais déprécier mon corps devant lui, ne jamais lui parler de cellulite ou de bourrelet. 

S'affranchir du discours familial n'est pas toujours simple : parfois on y arrive seul, parfois il faut se faire aider. Mais avoir conscience de son existence, c'est déjà un premier pas.

2) Le règne des canons de beauté dans les medias
Là, on dirait que j'enfonce une porte ouverte... mais ce point mérite tout de même qu'on y réfléchisse un peu. Il m'a fallu deux expériences pour me rendre compte à quel point les medias modifiaient la perception de mon corps :

a) J'ai fait un shooting photo
Reprenant l'idée d'une amie, j'ai décidé (en 2008) de me faire prendre en photo par un professionnel, au studio Bain de Lumière à Puteaux (si je mets le lien c'est parce que j'ai été très satisfaite de l'accueil, de la séance, et des photos elles-mêmes. En plus j'ai papoté make-up avec la maquilleuse juste avant, un bonheur !). Franchement, je suis une BOMBASSE sur ces photos. Parce qu'un photographe sait mettre en valeur son sujet, parce qu'il a le bon éclairage, et qu'il retouche les couleurs et la luminosité sur les clichés à la fin. En outre, les dix clichés obtenus ont été sélectionnés par mes soins parmi plus d'une centaine de photos prises pendant la séance, cette sélection étant en quelque sorte une retouche en soi. 

Qu'est-ce que j'en ai conclu ?
Que même moi, une fille lambda, je pouvais être sublime sur une photo de professionnel. Et que donc les filles des magazines ne sont rien, ou pas grand chose, sans le travail de l'image évoqué plus haut (et renforcé dans leur cas par les retouches Photoshop). Que complexer par rapport à ces images alors que ce ne sont que des images fabriquées (admirablement, mais fabriquées quand même) est complètement absurde. Que ces images ne reflètent pas la réalité. 
Je ne suis pas en train de vous dire que je suis aussi belle que Gisèle au naturel, mais qu'il faut vraiment prendre en compte le travail de l'image, et du coup, se détendre un peu... 
L'idée de cette députée qui voulait imposer une signalétique sur les photos précisant lorsqu'elles étaient retouchées me parait depuis tout à fait sensée.


b) Je suis allée en Islande
Si si, il y a un rapport, tu vas voir... 
En Islande, le moindre patelin a sa piscine. Et le Guide du Routard nous avait prévenu : là-bas, on se douche tout nu dans des vestiaires collectifs (non mixtes tout de même). J'étais un peu réticente, mais une fois sur place, il fallut se rendre à l'évidence : tout le monde était à poil. Autant se fondre dans le paysage (d'autant plus que cette habitude est surtout une obligation liée à l'hygiène : vous avez des panneaux précisant qu'il faut se doucher AVANT d'entrer dans la piscine, avec du savon - à dispo, et insistant sur les parties du corps à récurer particulièrement... certaines sont inatteignables avec un maillot de bain ! Depuis j'ai beaucoup de mal à devoir le garder pour me doucher dans les piscines de France...). J'ai donc souvent échangé, toute nue, quelques mots en mauvais anglais avec des dames toutes nues aussi. J'imagine qu'on vit le même genre d'expérience dans les camps naturistes. 

Qu'est-ce que j'ai vu ?
Que TOUT LE MONDE avait des bourrelets, de la peau qui pend, des formes pas toujours harmonieuses, même les filles minces ou très minces ! Et que finalement j'étais loin d'être un monstre, j'étais juste normale. La nudité, c'est un peu le révélateur de la réalité. Réalité qu'on confond souvent avec ce qu'on voit à la télé par exemple. Mais dans les émissions ou les séries, les filles sont sélectionnées ; on n'y voit que des minces alors qu'elles ne représentent pas la majorité de la population. Si les moyennes et les grosses étaient davantage visibles dans les medias (et je ne parle pas de ces horribles reportages "spécial grosses" qui ne font que nous discrimer un peu plus), on finirait par les accepter davantage, et du coup par nous accepter davantage (mais du coup tout le monde serait heureux et bien dans son corps et ça ce n'est pas du tout dans l'intérêt des industriels). 

J'ai un exemple concret qui montre à quel point nous sommes influencés par ce que nous voyons : la mode. Chaque année, sort une pièce qu'on trouve dans un premier temps importable, voire carrément horrible. Les spartiates, les maxi-robes, le color-block etc. Et puis on est bombardé d'images, et à force, on finit par trouver ça pas trop mal, puis très joli, et à la fin il nous en faut ! C'est la même chose pour le corps : si on associe systématique "joli" et "mince", c'est parce qu'on ne nous montre que de la minceur ! Chacun ses goûts bien sûr, mais il me semble bon de s'interroger pour savoir comment nos goûts sont formés, voire manipulés... 

3) Autant se choisir le bon Jules... 
Désolée, mais je vais faire des jalouses. 
Ma vie a changé lorsque j'ai rencontré Monsieur. Avec lui, je me suis rendu compte que la vie était plus simple lorsqu'on la partageait avec quelqu'un qui nous appréciait physiquement. Vraiment. Monsieur aime les formes, Monsieur ne fait pas la tronche parce que je pèse 20 kilos de plus qu'à notre rencontre (je rappelle qu'une grossesse est passée par là, mais pas seulement), Monsieur est toujours enthousiaste à l'idée de partager son lit avec moi, Monsieur a même eu la politesse de grossir un peu avec moi. Il ne me fait pas les gros yeux quand je mange du chocolat, il se contente de réfléchir avec moi quand je souhaite avoir un rapport plus sain avec la nourriture.
Monsieur dit de belles choses, presqu'avec ingénuité. Par exemple :" Pourquoi ce qui est joli devrait toujours être mince ?" ou, lorsqu'il a vu mon shooting photo : "Ben moi je te vois comme ça en permanence". Il ne se force pas, c'est vraiment son goût naturel qui le porte vers les formes généreuses, sans doute parce qu'il n'a jamais trop regardé la télé, et qu'il n'a jamais cherché à suivre la tendance. Je pense que ses sentiments jouent beaucoup là-dedans, parce qu'après tout, il est aussi content quand je perds un peu de poids (mais il rajoute toujours : "Pas trop quand même hein !" T'inquiète, y a de la marge !). J'ai de la chance, et la chance ça ne se trouve pas au pied des arbres. Mais si vous commencez une relation avec quelqu'un et que ce quelqu'un vous charrie déjà sur votre poids, allez donc voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Beaucoup d'hommes ne sont pas obsédés par la minceur. 


De manière plus générale, j'ai appris à ses côtés qu'on n'avait pas besoin d'être parfait pour être aimé. 



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samedi 18 août 2012

"Maigrir sans régime" 3ème volet : accepter son corps ???

A la fin de mon dernier billet consacré à moi et mon poids, je disais que jamais je n'aurais pu lâcher la restriction cognitive (i.e. : en gros, le fait de gérer son alimentation par un contrôle intellectuel, comme dans tout "régime" ou "rééquilibrage alimentaire") sans accepter mon corps tel qu'il est. 

Un jour, j'ai témoigné dans une émission de télé pour défendre les théories de Zermati (mais je n'avais pas le droit de le citer : j'ai donc juste expliqué qu'on pouvait perdre du poids sans avoir d'aliments interdits, et qu'aucun aliment ne faisait plus grossir qu'un autre). A mes côtés se trouvait une jeune femme qui avait énormément d'aliments tabous. Aucun de mes arguments ne semblait l'atteindre, et pour cause : longiligne, elle semblait obsédée par sa ligne et les règles qu'elle s'était fixé pour la conserver. Vers la fin de l'émission, la présentatrice lui a demandé : "Que souhaitez-vous aujourd'hui ? Être comme Mushroom ?" Moment comique. En effet, bien que la présentatrice fisse référence à ma relation apaisée avec la nourriture, l'image donnait à penser qu'elle parlait de ma silhouette, bien plus "plumpy" que celle de ma voisine. Sans mentir, j'ai perçu le dégoût sur la moue de cette dernière. Et je faisais alors pourtant vingt kilos de moins qu'aujourd'hui... 

Une chose est sûre, tant qu'on n'a pas abandonné l'idée qu'on doit être comme ceci ou comme cela, on ne peut abandonner  ni les régimes ni tout ce qui y ressemble ("Non non, je fais pas de régime, je fais juste attention" Ahah). 

Inutile d'écrire un laïus sur l'air de "Yaka-Faukon", "il faut s'accepter tel qu'on est", "y a pas que le physique dans la vie" et autre philosophie de calendrier. Quand on se sent mal à chaque fois qu'on croise son reflet, quand dès le lever on se tâte le gras du ventre et qu'on finit par le malaxer en espérant le faire disparaître, quand on n'achète plus de fringues parce que prendre "latayodsu" nous rend malade... on ne se sent pas mieux simplement en le décidant. 

Mais si mon billet de demain (oh le teasing !) pouvait vous donner quelques pistes pour réfléchir à la cause de ces malaises, et vous faire entrevoir qu'on n'est pas obligé de se sentir mal parce qu'on est gros (a fortiori quand on ne l'est pas mais qu'on se trouve pas assez mince)... Je n'aurais pas perdu ma journée. 



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mardi 31 juillet 2012

"Maigrir sans régime", 2ème volet : la bible.

Le discours de Jean-Philippe Zermati m'a tout de suite interpelée : premièrement parce qu'il détonnait grandement dans cette émission de télé-réalité en comparaison avec les régimes traditionnels des uns et des autres. Deuxièmement parce qu'il formulait en mots clairs et rationnels l'intuition que je commençais à avoir : oui, on peut manger normalement, à vie, sans grossir. 

En 2008 (j'ai 26 ans et demi), je me décide enfin à acheter un de ses livres, pour comprendre un peu mieux de quoi il retourne. Et voici donc un des nombreux éléments qui m'a réconciliée avec la nourriture et, disons-le, avec moi-même : 
Ah cette couverture, ce titre... Tout fait penser à un énième régime Montignac ou Dukon, ou à un Biba numéro d'avril spécial "perdre trois kilos avant l'été", et bien sûr il n'en est rien. Les joies du monde de l'édition, sans doute... J'imagine que Zermati aurait souhaité intituler son ouvrage : "La fin de la restriction cognitive, ou comment manger en écoutant ses sensations de faim et de satiété", mais bon. 

Difficile de résumer ses théories (partagées par d'autres médecins, Zermati n'est pas un gourou) sans passer pour une allumée. Essayons tout de même : 

1) On ne peut pas grossir quand on mange à sa faim 
2) Quel que soit l'aliment ingéré (sucre, gras, frites au nutella, salade, tofu...), c'est l'apport calorique qui influe sur le poids, et rien d'autre
3) Nous avons un poids d'équilibre propre à notre corps (qui peut varier au cours de la vie), et manger à sa faim nous ramène à ce poids d'équilibre

Je crois que là réside l'essentiel. Détaillons un peu : 

1) On ne peut pas grossir quand on mange à sa faim 
En général les gens me disent "Mais moi j'ai tout le temps faim !" ou bien "Mais moi c'est pas la faim qui me fait manger !". Ici un petit point de vocabulaire est nécessaire.

Non, on ne peut pas avoir "tout le temps faim", du moins si on parle de la vraie faim, et pas de l'envie de manger, rien à voir. La faim, c'est ce creux à l'estomac, ce petit coup de pompe, ce truc qui fait dire à mes élèves quand il est 12h45 et que je veux leur faire comprendre qu'il y a un hypallage dans "L'Albatros" de Baudelaire : " Mais Madame, on a FAIM !!!" Je peux vous garantir que là, ils n'ont pas seulement envie de manger les gaillards. Le souci c'est que beaucoup de gens ignorent cette sensation, soit parce qu'ils mangent par habitude à l'heure où ils pensent qu'il faut manger, avant d'avoir faim ; soit parce que des années de contrôle alimentaire par les régimes ont presque anesthésié leurs sensations.

Autre chose qu'on me rétorque : "Mais moi quand je mange un carré de chocolat, de toute façon je finis la tablette". Là encore la faim est censée nous aider, si on parvient à l'écouter. Manger à sa faim signifie se mettre à manger quand on a faim, mais aussi s'arrêter quand on n'a plus faim. Et cette sensation de satiété, non ce n'est pas l'impression que notre ventre va exploser à 15h30 juste avant le dessert lors du repas de nouvel an chez mamie ! C'est bien avant, quand finalement nos aliments ont nettement moins d'intérêt pour notre palais que lors des premières bouchées...


Après, il reste les Envie de Manger Emotionnelles (EME), qu'il faut apprendre à gérer sans totalement les éliminer. Oui, manger nourrit aussi notre âme, et il est normal de trouver un peu de réconfort dans un morceau de chocolat même sans avoir faim. Le tout est d'apprendre à réguler cette source d'apaisement, sans en être esclave (là je ne rentre pas plus dans les détails, ou alors je réécris le bouquin).

2) Quel que soit l'aliment ingéré (sucre, gras, frites au nutella, salade, tofu...), c'est l'apport calorique qui influe sur le poids, rien d'autre
Ah, les années passées à fuir comme la peste les gâteaux, le chocolat, les frites... Bref, disons-le, tout ce qui est bon ! Les réflexions des copines, ou même de la sage-femme à l'hôpital quand elles nous ont vue un Balisto à la main... L'adage qui me donne des envies de meurtre : "Trente secondes dans la bouche, dix ans sur les hanches hihihi !!!" (gloussements de dinde inside).
Eh bien figurez-vous que ce sont des conneries, un point c'est tout.

Vous vous souvenez de la devinette du kilo de plumes et du kilo de plomb ? Ca revient au même n'est-ce pas ? Et bien c'est pareil pour 100 calories de chocolat, 100 calories de frites, 100 calories de tofu, 100 calories de pouletsanslapeau, 100 calories de yaourt zéro pourcent... Logique non ?
Certains rétorqueront avec bon sens : "Oui mais certains aliments étant plus volumineux que d'autres à part calorique égales, il vaut mieux manger ceux-ci parce qu'il nous rassasieront davantage". Et là je fais mon Norman et je dis : FAUX !

Petit test : combien de bouchées de salade verte sans vinaigrette vous faut-il pour avoir l'impression d'être rassasié ? Et a contrario, combien de bouchées de foie gras êtes vous capable d'avaler sans être écoeuré ? Beaucoup moins n'est-ce pas ? C'est parce que notre corps, et en l'occurence notre palais et nos papilles, savent reconnaître un aliment très calorique d'un aliment peu calorique, et qu'ils envoient des signaux différents à notre cerveau suivant ce qui est mangé. Pour que ça marche, il faut prendre le temps de déguster (donc, pour une fois, le coup du "manger en 20 min minimum", ça, c'est vrai). Mais en tout cas, ce n'est pas le volume pris dans l'estomac qui entraîne la satiété (ou alors je vous propose un régime révolutionnaire : le régime flotte. Vous buvez de l'eau en permanence pour remplir votre estomac, c'est trop cool) (en même temps prudence Mushroom, si ça se trouve, ça existe.....).

Autre point important à propos des aliments interdits : les interdire, c'est les sacraliser. C'est donc sans doute pour cela que vous finissez la tablette de chocolat, comme si c'était la dernière de votre vie, en prévision du "demain, c'est fini, j'en mange plus". La restriction alimentaire liée aux régimes implique un comportement qui alterne restriction et compulsion. Autrement dit, le fameux "manger moins gras, moins salé, moins sucré" est un slogan qui peut répandre efficacement l'obésité dans le pays... Je n'ai jamais fait moins de "craquage" qu'à partir du moment où j'ai arrêté de considérer certains aliments comme tabous.

Certains auront du mal à ne pas considérer qu'un aliment gras fait grossir ("c'est gras donc ça nourrit mon gras"). Des études (dont je n'ai pas les références sous la main) ont prouvé que quelle que soit la composante du régime (protéines, lipides, glucides), la seule donnée à prendre en compte était l'apport calorique.

3) Nous avons un poids d'équilibre propre à notre corps (qui peut varier au cours de la vie), et manger à sa faim nous ramène à ce poids d'équilibre

Quand j'ai commencé à manger à ma faim, j'ai perdu trois kilos. Tout en mangeant ce qui me faisait envie. Mais le tout c'est de ne pas refuser de sauter un repas si on n'a pas faim. Je me souviens d'une sortie scolaire où les élèves étaient horrifiés de ne me voir rien manger à midi. Sauf que j'avais petit-déjeuné bien tard, et que le sucre contenu dans le coca que je venais de boire m'avait rassasiée. Je vous rassure : s'autoriser tous les aliments ne vous conduit pas à vous nourrir exclusivement de gras et de sucre ! Au contraire, comme vous vous ne interdisez plus ces derniers, ils deviennent bien moins attrayant qu'avant (j'ai fait l'expérience avec les Granolas, qui m'empêchaient presque de dormir avant tellement ils faisaient fantasmer mes papilles... Et maintenant que j'ai "le droit" d'en manger, ben, bof). Et vous vous surprenez à saliver à la pensée d'une bonne salade ou d'une belle pièce de viande. 

Enfin, il faut savoir que votre poids d'équilibre n'est pas forcément celui dont vous rêvez, ou celui qui correspond à ce qu'on voit dans les media. C'est comme ça, on est obligé de l'accepter. Et ça passe par s'accepter. Jamais je n'aurais pu lâcher la restriction cognitive si je ne m'étais pas réconciliée avec mon image, mon corps et son poids....

A suivre... 



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lundi 30 juillet 2012

"Maigrir sans régime" : 1er volet

Les kilos et moi... Toute une histoire.


Une histoire qui commence à l'adolescence (parce que lorsque je regarde les photos, je ne vois qu'une petite fille tout ce qu'il y a de plus "normal"). Vers l'âge de treize ans, mon corps s'est transformé, la machine s'est emballée, et comme elle ne savait pas encore comment répartir la charge, j'avais l'air grosse. Je faisais alors 60 kilos, mon IMC était "normal" (je donne des chiffres, mais vous verrez que je ne les affectionne pas particulièrement). Aujourd'hui, je SAIS que je n'aurais RIEN DÛ FAIRE du tout, laisser les choses entrer dans l'ordre naturellement. Car aux moments où, à l'âge adulte, je fis ce poids-là, et sans avoir pris de centimètres (oui, je fis beaucoup de poids différents dans ma vie), mon corps était alors beaucoup plus harmonieux et mieux proportionné. 

Parents : laissez tranquille vos adolescents et vos adolescentes, car même s'ils ressemblent au Bibendum Michelin, c'est, hors comportements alimentaires pathologiques, tout à fait NORMAL... Et cessez de les prendre pour le miroir de vos espoirs et de vos échecs, au passage, merci. 

Donc je n'avais pas de complexes jusqu'au jour où on m'en colla sur le dos, vraiment. Je me mis alors à imiter mes parents : j'entamai des régimes. Le premier fut radical : cure de sachets protéinés, fierté de ne tenir jusqu'au goûter qu'avec un milshake à la poussière dans le ventre. J'ai 15 ans et mon corps, estomaqué devant cette famine, perd 10 kilos en deux mois de vacances scolaires. Les copains ne me reconnaissent plus de dos, et on me dit que je suis charmante. Je fais 50 kilos, du 36, et le pire c'est que je me trouve "encore boulotte". 

Je me dis que la partie est gagnée, que je serai mince toute ma vie, mais je ne sais pas encore que la perte de poids dûe à un régime (ou à "un rééquilibrage alimentaire", qui n'est que le terme politiquement correct pour "régime") ne dure jamais, tout simplement parce que les contraintes du régimes sont intenables sur du long terme. Même si certains sont plus endurants que d'autres (genre la fille qui mange une barre de céréales par jour). 

Donc pouf, je remonte à 60, puis 62, 63... Et c'est le début du fameux yoyo qui me fait monter toujours plus haut à chaque fois. 

A 19 ans, deuxième gros régime, je redescends à 55. 
A 23 ans, début de ma vie professionnelle, rupture affective, éloignement géographique de mes origines, et c'est parti pour 63 à nouveau. 
A 24, on redescend à 56, puis rencontre avec mon conjoint, euphorie et bonnes bouffes en amoureux, et surtout, impossibilité d'être au régime à vie : bam, 66 kilos à 26 ans. A part ça non, non, je n'aime pas les chiffres. 

Là, je dis stop. Pas seulement à cause des chiffres instables sur la balance, mais surtout à cause de mon rapport avec la nourriture. La nuit, je pense à ce que j'aurai le droit de manger, ou pas, j'en pleure de rage tellement tout est compliqué... La télé me présente des filles filiformes dans des séries américaines entrecoupées de pub pour des glaces La Laitière... Evidemment je culpabilise, ça ne sert à rien mais c'est tellement évident. Je rêve que quelqu'un invente des pilules qui remplaceraient ma nourriture et m'apporteraient juste ce dont mon corps a besoin... Et là je me dis, tout de même, qu'il doit bien exister une façon normale de manger sans grossir, sans devoir compter le nombre de calories de chaque assiette, il doit bien y avoir une façon de vivre sans se prendre la tête avec la nourriture ! La preuve, il existe bien des gens qui mangent simplement, et sans subir d'énormes variations de poids pour autant !

Cette façon normale de manger, je commence à la découvrir en écoutant le discours du docteur Zermati à l'occasion d'une émission de télé-réalité sur la 6 (qui fait maigrir les gens, un thème très porteur d'audience...).

A suivre. 
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